octobre 28, 2026

Économie mondiale : le FMI prévoit une croissance de 3 % en 2026, malgré les chocs géopolitiques

4 min de lecture

Économie | Publié le 22 septembre 2026

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de l’économie mondiale de 3 % en 2026, avant une accélération à 3,4 % en 2027. Dans sa mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale publiée le 8 juillet, l’institution souligne toutefois une évolution très contrastée selon les régions. 

Cette résistance de l’activité mondiale intervient dans un contexte marqué par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, notamment sur les marchés de l’énergie. En parallèle, l’accélération des investissements liés à l’intelligence artificielle soutient la demande dans plusieurs économies intégrées aux chaînes de valeur technologiques. 

Une croissance mondiale qui reste inférieure aux niveaux précédents

Selon le FMI, la croissance mondiale devrait passer de 3,5 % en 2024 et 2025 à 3 % en 2026, avant de remonter à 3,4 % en 2027. L’institution estime que l’économie mondiale a jusqu’ici mieux résisté au choc énergétique qu’elle ne l’avait initialement anticipé. 

Cette résilience s’explique notamment par la progression des énergies renouvelables, une moindre intensité énergétique de nombreuses économies et le maintien de la demande intérieure dans certains pays.

Le FMI souligne cependant que cette moyenne mondiale masque d’importantes différences entre les économies.

L’intelligence artificielle soutient l’activité

Les investissements dans les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle constituent l’un des principaux moteurs de l’activité dans plusieurs pays.

Les centres de données, les semi-conducteurs et les équipements numériques alimentent notamment la demande dans plusieurs économies asiatiques intégrées aux chaînes de production technologiques. Le FMI estime que cette dynamique compense en partie les effets négatifs du choc énergétique. 

Les États-Unis devraient enregistrer une croissance de 2,3 % en 2026, puis de 2,2 % en 2027. La Chine est, pour sa part, créditée d’une croissance de 4,6 % en 2026, avant 4,1 % en 2027. 

La zone euro reste sous pression

Les perspectives sont moins favorables pour la zone euro. Le FMI prévoit une croissance de 0,9 % en 2026, contre 1,2 % en 2027. La France devrait enregistrer une croissance de 0,6 % cette année, tandis que l’Allemagne est attendue à 0,7 %. 

Le Japon devrait également connaître une croissance limitée à 0,6 % en 2026, puis 0,7 % en 2027.

La région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale figure parmi les zones les plus affectées par le conflit. Le FMI prévoit une croissance de seulement 0,7 % en 2026, avant un rebond à 6,5 % en 2027 dans son scénario central. 

L’inflation mondiale repart à la hausse

Le ralentissement de la croissance s’accompagne d’un arrêt de la tendance à la baisse de l’inflation.

Le FMI prévoit une inflation mondiale de 4,7 % en 2026, contre 4,1 % en 2025, avant un recul à 3,9 % en 2027. La hausse de 2026 est principalement liée au renchérissement de l’énergie et des produits alimentaires. 

L’institution estime que les risques restent importants. Une nouvelle escalade du conflit pourrait provoquer une nouvelle hausse des prix des matières premières et accentuer les tensions inflationnistes. Une correction des marchés liée aux anticipations concernant la rentabilité des investissements dans l’IA constitue également un risque identifié par le FMI. 

Le commerce mondial ralentit

Le commerce mondial devrait également connaître un ralentissement. Le FMI prévoit une progression des échanges de 3,5 % en 2026, contre 5 % en 2025, avant une remontée à 4,3 % en 2027. 

Cette évolution intervient alors que les tensions géopolitiques et la fragmentation du commerce international continuent de peser sur les échanges.

Fitch avait également envisagé un scénario plus défavorable

Les analyses publiées par Fitch Ratings au printemps avaient également mis en évidence les risques liés à une prolongation du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Dans un scénario adverse présenté en mars, Fitch estimait qu’une poursuite du conflit jusqu’à la fin du premier semestre 2026 pourrait entraîner, après quatre trimestres, un PIB mondial inférieur d’environ 0,8 % à son scénario de référence. 

Depuis, Fitch a actualisé ses propres perspectives. Dans son Global Economic Outlook de juin 2026, l’agence prévoit une croissance mondiale de 2,4 % en 2026, soit une révision à la baisse de 0,2 point, principalement en raison du choc pétrolier lié au conflit entre les États-Unis et l’Iran. Elle souligne néanmoins que l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle contribue à amortir une partie du choc. 

Une économie mondiale entre énergie et technologie

Les dernières projections du FMI dessinent ainsi une économie mondiale soumise à deux dynamiques contradictoires : le choc énergétique lié au conflit et l’accélération des investissements technologiques.

Avec une croissance mondiale attendue à 3 % en 2026, le FMI ne prévoit pas une contraction globale de l’activité dans son scénario central. Mais l’institution souligne que les performances restent très différentes d’une économie à l’autre, en fonction de leur exposition aux prix de l’énergie et de leur participation à la dynamique mondiale de l’intelligence artificielle. 

Source : FMI, Fitch Ratings
& LuneNews

Profil du journaliste