SOUTIEN À L’ÉCRIVAIN HAÏTIEN THÉLYSON ORÉLIEN, VICTIME D’UN TAPAGE LITTÉRAIRE : Par Evans PAUL
3 min de lectureÀ propos de la controverse autour du roman « C’était ça ou mourir »
En ces jours où la rumeur remplace la lecture, où un compte anonyme peut semer le trouble et briser une réputation, j’exprime mon soutien plein et entier au jeune écrivain haïtien Thélyson Orélien.
Son roman, C’était ça ou mourir, raconte le périple bouleversant de Jonas Dorléon, un professeur haïtien qui fuit Port-au-Prince pour rejoindre le Canada. C’est un texte sur l’exil et sur le droit de vivre.
Une libraire parisienne confie : « Moi, j’ai lu ce livre avec beaucoup d’émotions. Le personnage m’a beaucoup marqué. Je ne vois pas d’IA derrière ». Un autre libraire ajoute : « Le sujet est intéressant. J’ai beaucoup aimé ce livre. J’assume de le présenter et de le proposer ».
Qui est Thélyson Orélien ?Jeune, il n’est ni un phénomène récent ni un produit de l’intelligence artificielle. Né aux Gonaïves, en Haïti, le 23 mai 1988, il a grandi au Cap-Haïtien. Formé en droit à l’Université d’État d’Haïti, puis en économie et science politique à l’Université de Montréal, il vit au Canada. Poète, romancier, essayiste et chroniqueur, il publie bien avant l’irruption médiatique de l’IA générative.
À 19 ans, en 2007, il remporte le Prix international des jeunes auteurs pour Les Couleurs de ma terre.Son œuvre est déjà riche : Eternels Amants (2023) ; Le Rêve de la mer Noire (2024), Prix Amaranthe 2024 (Fiction) ; Tant que le silence saigne, je parlerai (2024).
Puis C’était ça ou mourir, publié chez Grasset et Boréal, sélectionné pour le Goncourt et le Renaudot, lauréat du Prix du Roman Fnac 2026.Autrement dit, il produisait bien avant la percée de l’IA. Son parcours témoigne d’une expérience humaine irréductible à un algorithme.
Des accusations sans preuveLes accusations, usage de l’IA, plagiat, ne reposent sur aucune preuve irréfutable. Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt, appelle à la prudence : « Il faut quand même être très prudent », et laisse « toujours bénéficier du doute à ceux qu’on jette en pâture comme ça à l’opinion ». Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française, insiste : « rien n’est avéré ». Orélien doit être considéré innocent jusqu’à preuve du contraire.
Au-delà du débat sur l’IA dans la création, il y a une réalité : un écrivain haïtien, voix des migrants, est cible d’attaques d’une violence inouïe. Claudel s’interroge : « Pourquoi cette information sort maintenant ? » Orélien dénonce des attaques racistes.
L’IA est un outil, pas un concepteurJe ne dis pas qu’il faut fermer les yeux sur l’usage de l’IA. Mais il y a une différence entre débat de fond et curée. L’IA est un outil, comme un dictionnaire, une grammaire ou un correcteur. Elle ne conçoit pas, n’invente pas, ne témoigne pas. Le concepteur, c’est l’auteur. Or l’auteur a un nom, une histoire, une œuvre, une trajectoire.Une libraire résume : « C’est malveillant, méchant. Orélien a sorti son histoire avec son cœur »
.À mon jeune compatriote Thélyson Orélien Soyez fier. Continuez à écrire, car votre roman a touché des lecteurs. Il a fait entendre une voix inspirée. Ce qui restera, ce sont l’histoire de Jonas, votre talent et votre message.
Evans PAUL, Ex-Premier ministre d’Haïti
Port-au-Prince,Dimanche 27 septembre 2026