Une mise au point lucide sur les sanctions adoptées par le gouvernement dominicain contre la sélection haïtienne : par l’ex-sénateur kedlaire augustin
7 min de lectureLors du match de football du 1er octobre 2026 opposant la République dominicaine à Haïti (1-4) au stade olympique Félix-Sánchez de Saint-Domingue, l’engouement exceptionnel des supporters haïtiens a donné lieu à de graves débordements. Pour accéder à l’enceinte alors que la rencontre se jouait à guichet fermé, plusieurs groupes de fans ont commis des excès en tentant de forcer massivement les entrées de sécurité.
Les violations précises constatées par les autorités locales incluent le franchissement illégal des périmètres de contrôle et la détérioration matérielle des infrastructures, notamment l’arrachage et la destruction d’une des portes d’accès principales du stade. Ces actes d’indiscipline sont déplorables, mais constituent un manquement aux règles de sécurité imputable à l’équipe qui reçoit le match.
Quand la géopolitique s’invite sur les terrains de la caraibe
En réaction aux dérapages provoqués le ministère des Sports dominicain a pris la décision radicale d’interdire l’accès de ses stades à la sélection nationale d’Haïti pour ses prochains matchs. Cette sanction gouvernementale unilatérale constitue une violation flagrante des Statuts de la FIFA, notamment les articles 14 et 19, qui interdisent strictement toute ingérence politique dans la gestion du football.
En dictant où et qui a le droit de jouer pour des motifs diplomatiques, l’État dominicain expose sa propre fédération (Fedofútbol) à de lourdes sanctions internationales, allant du gel des financements de la FIFA jusqu’à une suspension immédiate de toutes les compétitions mondiales.
Les déclarations d’ Isidor : une interprétation géopolitique abusive de simples propos sportifs innocents
Au cœur de cette crise se trouve une plainte officielle que la Fedofútbol souhaite déposer auprès de la FIFA et de la Concacaf contre l’attaquant haïtien Wilson Isidor. Après la rencontre, le joueur a filmé une vidéo affirmant : « Hispaniola c’est Haïti ! Ici, c’est Haïti ! ». Les autorités dominicaines y ont immédiatement vu une provocation politique intolérable et une atteinte directe à leur souveraineté nationale.
Sur le plan purement juridique, le Code disciplinaire de la FIFA (Article 11) proscrit les messages politiques ou idéologiques dans les stades, ce qui place techniquement Isidor sous le coup d’une éventuelle suspension ou d’une amende financière pour comportement déplacé.
Pourtant, une analyse objective de la trajectoire du joueur permet de désamorcer toute intention belliqueuse ou revendication frontalière. Jeune expatrié ayant grandi et été formé en France, Wilson Isidor n’a jamais vécu en Haïti et se trouve très éloigné des complexités géopolitiques locales.
Dans l’euphorie de la victoire, l’attaquant a simplement voulu reprendre et adapter le célèbre slogan des tribunes du Parc des Princes, « Ici c’est Paris ! », un cri de ralliement ultra-populaire qu’il a côtoyé durant ses années en France pour exprimer la fierté sportive d’avoir gagné « chez l’adversaire ».
Loin d’une déclaration de guerre territoriale, ce détournement maladroit n’était qu’un réflexe de culture footballistique européenne, une pure célébration d’athlète sans aucune arrière-pensée politique.
La République dominicaine, n’ayant pas une grande culture footballistique, peut ne pas comprendre cet aspect culturel de la célébration d’ Isidor, mais la FIFA connait cette phrase inspirée du slogan bien connu des supporteurs du Paris Saint Germain.
Dire qu’ Hispaniola c’est Haïti ne constitue en rien un attentat à la souveraineté de la République dominicaine. Historiquement et géographiquement, le terme « Española » (Hispaniola) désigne l’île entière dans sa dimension territoriale globale, et non une entité politique exclusive.
Qu’un locuteur utilise ce nom ou celui d’« Haïti » qui était le nom autochtone taïno de l’intégralité de l’île avant la colonisation, cela relève d’une désignation géographique régionale et culturelle partagée. Par conséquent, situer une action ou une identité sur l’île de l’Hispañola s’inscrit simplement dans le cadre géographique de cette terre commune, sans altérer ni contester les frontières politiques, la légitimité ou la souveraineté de l’État dominicain.
Comment la FIFA doit aborder cette question?
Disons clairement d.’entrée de jeu que le gouvernement dominicain n’est pas habilité à porter plainte contre Haïti. Les sanctions annoncées n’auront donc aucun effet et risquent de tourner contre la fédération dominicaine si le gouvernement ne revient pas sur sa décision un peu excessive et résolument illégale.
Toutefois, ill faut être suffisamment lucide pour reconnaître que si les policiers dominicaine avaient utilisé la manière forte pour empêcher les dégâts enregistrés les haïtiens auraient crié au racisme.
En Revanche, il faut reconnaître également qu’aussi regrettables qu’ils soient, les dérapages des supporteurs haïtiens et la célébration d’Isidor n’auraient pas autant d’ampleur s’il n’ y avait pas déjà des tensions politiques et migratoires entre les deux pays. Le football est fait pour rapprocher les peuples et ne doit pas être utilisé à des fins géopolitiques. Là où les autorités dominicaines voient des menaces migratoires et des atteintes à sa souveraineté, la FIFA voit un stade rempli, des gestes de fair le play entre les jouets et quelques incidents regrettables n’ ayant aucune idée incidence sur le déroulement du match et le score du match.
En effet, avant le match les deux équipes étaient à égalité de points ( 6 points pour deux victoires). Apres une défaite aussi lourde ( 4-1 ) sur son propre terrain, les dominicains voient cet échec comme un frein à leur progrès, oubliant qu’ils jouaient contre Haïti, une sélection de classe mondiale qui a une longue tradition footballistique et l’une des meilleures de la caraïbe à l’heure actuelle.
Selon plusieurs journaux dominicains dont Listing Dario, en dépit du fait que la sélection dominicaine joue à domicile, il y avait plus de 18.000 haïtiens qui poussaient les grenadiers alors qu’ip n’ y en avait que 3000 dominicains dans le stade. Cet engouement s’explique par la participation de la sélection haïtienne au mondial et par la soif des haïtiens de voir leurs joueurs qui souffrent énormément de ne pas pouvoir évoluer devant leur public à cause de la dégradation de conditions securitaires.
Les dominicains étaient fiers de dire que Mariano, qui évolue en Espagne, était meilleur qu’Isiidor : Malheureusement pour les dominicains, la pépite Dominicaine est passé nettement à côté e la plaque. Ayant perdu son sang froid sur le poids de la supériorité technique des joueurs haïtiens, il a perdu son sang froid et a même écopé d’un carton jaune pour comportement anti-sportif. Ce qui peut arriver dans un match de football et qui n’enlève rien dans ses qualités de buteur.
Isidor a, pour sa part, marqué deux buts, remportant ainsi ce duel à distance et offrant aux supporters haitiens une deuxième victoire dans ce match historique. Ces faits ont certainement provoqué l’indignation des autorités dominicaines qui, par frustration et acharnement, ne réalisent pas que leurs decisions peuvent êtres prises comme une extension des conflits migratoires séculaires qui existent entre Haïti et la République dominicaine.
La fin du match a été marquée par des gestes de fairplay d’une grande signification symbolique qui doit être considérée comme une victoire pour la FiFA et le sport en général. La tête à tête entre Fafa et le numéro 8 dominicains, entre Fortune et le potier domocians sont des gestes de fair play émouvants qui ne reflètent pas la tension décrite par les autorités dominicaines. Les eux équipes étaient certainement ravies d’ évoluer devant autant de supporteurs qu’ils soient haïtiens ou dominicains.
En conclusion, l’intérêt de la FIFA est le developpemt du sport partout à travers le monde. Elle le protège contre les dérives , les interférences politiques, les propos et comportements racisme et les comportements anti-sportifs en général, mais elle ne saurait adopter des mesures qui découragent la participation des supporteurs des équipes aux matchs. Autrement dit, les dérives hors terrain doivent être condamnées et combattues par les autorités compétentes, mais le ballon doit continuer à rouler sur tous les terrains et le pubkic doit en avoir accès, sauf si la FIFA, qui est la seule instance compétente en la matière , en decide autrement.
Ex Senateur Kedlaire Augustin