Haïti : 1 123 morts dans les violences liées aux gangs entre juillet et début octobre
2 min de lecturePort-au-Prince, 19 octobre 2026 — Les violences liées aux gangs ont fait 1 123 morts et 440 blessés en Haïti entre juillet et début octobre 2026, selon le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies, présenté le lundi 19 octobre au Conseil de sécurité. Le document souligne que, malgré l’intensification des opérations sécuritaires, les groupes armés continuent d’adapter leurs tactiques et d’étendre leurs attaques à de nouvelles zones.

Selon le rapport, les gangs multiplient les représailles contre les habitants, les prises d’otages et les incursions dans les zones rurales, notamment dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite. À Kenscoff, les attaques des 23 et 24 août ont fait au moins 47 morts et 22 blessés, tandis que 52 personnes ont été prises en otage.

Le document fait également état de 689 femmes et filles victimes de viols attribués aux gangs en juillet et août, dont 87 % de viols collectifs.
Le rapport indique par ailleurs que les opérations des forces de sécurité sont associées à un bilan de 808 personnes tuées ou blessées depuis le début du mois de juillet. Parmi elles, 148 n’étaient pas liées aux groupes armés. Au 12 octobre, la Force de répression des gangs comptait 1 563 membres en uniforme, alors que le Conseil de sécurité avait autorisé un effectif de 5 550.

Cette dégradation de la situation sécuritaire compromet les perspectives électorales et aggrave la crise humanitaire. Près de 1,5 million de personnes ont été déplacées, dont plus de 740 000 enfants.
Face à cette situation, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, Carlos Ruiz Massieu, estime que les opérations sécuritaires ne peuvent, à elles seules, garantir une stabilisation durable. Il appelle à rétablir la présence de l’État et à mettre en œuvre des programmes de désarmement et de réinsertion, notamment en faveur des enfants recrutés par les gangs.
