Match Haïti–République dominicaine : la Fondation Zile précise les causes des incidents et formule ses recommandations
4 min de lectureLa Fondation Zile a élaboré un rapport préliminaire sur les incidents et les dynamiques de coexistence observés lors du match entre Haïti et la République dominicaine, disputé le 1er octobre 2026 au stade olympique Félix Sánchez, à Santo Domingo.

Dans ce document, la Fondation Zile considère cette rencontre comme un événement à forte portée sociale et politique. Elle estime que le match a mis en évidence à la fois les fragilités de la relation haïtiano-dominicaine et le potentiel du sport comme espace de dialogue, de rapprochement et de respect mutuel.
La Fondation Zile relie par ailleurs le contexte entourant la rencontre à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti. Elle cite notamment l’insécurité et les déplacements de populations provoqués par les attaques de groupes armés, qui, selon elle, ont contribué à accentuer les mouvements migratoires et les besoins d’assistance internationale.
Des problèmes d’organisation et d’accès au stade
S’agissant des incidents survenus autour du stade, la Fondation Zile indique avoir recueilli des informations auprès de supporters haïtiens et dominicains.Selon les informations recueillies par la Fondation, les difficultés seraient principalement liées à la préparation de l’événement, au contrôle des accès et à l’adaptation du dispositif de sécurité à une affluence jugée exceptionnelle.
La Fondation rapporte notamment qu’une importante concentration de supporters s’était formée à l’extérieur du stade, alors que de nombreux spectateurs rencontraient des difficultés pour accéder à l’enceinte.
Elle rappelle également que les supporters haïtiens ont l’habitude, lors des matchs disputés à l’étranger, d’arriver suffisamment tôt afin de soutenir leur équipe et de chanter l’hymne national.
Les gestes entre les joueurs salués
Malgré les incidents, la Fondation Zile souligne les comportements qu’elle juge positifs entre les joueurs des deux sélections.

Dans son rapport, elle estime que les accolades et autres marques de respect entre les footballeurs haïtiens et dominicains méritent d’être saluées. Pour la Fondation, ces gestes montrent que les joueurs sont capables de considérer leurs adversaires comme des collègues, au-delà des tensions pouvant exister entre les deux pays.
La portée des déclarations des Grenadiers
La Fondation Zile revient également sur certaines déclarations attribuées aux joueurs de la sélection haïtienne.
Selon son analyse, les Grenadiers n’auraient pas suffisamment mesuré la portée de certains de leurs propos dans le contexte dominicain. La Fondation explique cette situation notamment par le fait que plusieurs joueurs ont grandi en France et pourraient ne pas avoir pleinement intégré la sensibilité particulière de certaines questions dans les relations entre Haïti et la République dominicaine.
Cette appréciation est présentée par la Fondation comme une lecture du contexte et de la portée des déclarations, et non comme l’attribution d’une intention particulière aux joueurs concernés.
Des liens historiques entre les footballs haïtien et dominicain
La Fondation Zile rappelle également que les relations entre les deux pays ne se limitent pas aux tensions migratoires ou politiques et qu’elles existent aussi dans le domaine sportif.
Elle cite notamment Charles Hérold Junior, qui a évolué avec Cibao FC durant une période marquante pour le club, ainsi que Junior Shelder, actuel entraîneur de Cibao FC, présenté par la Fondation comme l’un des entraîneurs haïtiens les plus remarqués dans le football dominicain.

Pour la Fondation Zile, ces exemples illustrent le rôle que peut jouer le football dans le développement de liens et d’intérêts communs entre les deux pays.
La Fondation appelle à éviter toute responsabilité collective
Dans ses conclusions, la Fondation Zile estime qu’il ne serait pas approprié d’attribuer une responsabilité collective aux Haïtiens, à la diaspora haïtienne ou à la sélection nationale pour les incidents survenus lors de la rencontre.
Elle soutient plutôt que le match doit être considéré dans son ensemble comme une manifestation de passion sportive et de coexistence entre différentes communautés, malgré les incidents enregistrés.
La Fondation Zile recommande ainsi d’encourager un dialogue politique de haut niveau entre les autorités haïtiennes et dominicaines, tout en distinguant les différends liés à la migration, à la sécurité et aux relations diplomatiques des liens sportifs, culturels et communautaires existant entre les deux peuples.

Elle préconise enfin la tenue urgente d’une réunion entre les fédérations de football d’Haïti et de la République dominicaine, afin de tirer les enseignements de cet incident et d’améliorer la coordination, l’organisation et les dispositifs de sécurité lors des prochaines rencontres entre les deux sélections.
